Boycottage des publicités de l'armée
Les deux journaux étudiants de l'Université d'Ottawa ont décidé de boycotter les publicités de recrutement de l'armée canadienne. Ils ont pris cette décision à la suite de nombreux commentaires des lecteurs, même si cela se traduit par une importante perte en revenus publicitaires.
Ainsi, l'hebdomadaire anglophone The Fulcrum et le journal francophone La Rotonde ont refusé le lucratif contrat des Forces canadiennes. « C'est notre journal, on devrait pouvoir choisir si on veut participer à ça. Surtout dans le contexte où les étudiants sont une population qui est ciblée », soutient François Picard, membre de la Coalition étudiante contre la guerre.
Avec le prolongement de la mission en Afghanistan jusqu'en 2011, l'armée a besoin de renforts. Les réservistes n'ont jamais été aussi sollicités et les Forces canadiennes ont de plus en plus de difficulté à retenir leurs soldats réguliers, selon une enquête du réseau anglais de Radio-Canada. Le recrutement est donc particulièrement important.
L'armée n'est pas la bonne cible, selon le lieutenant-colonel à la retraite Rémi Landry, membre du Groupe d'étude et de recherche sur la sécurité internationale (GERSI) à l'Université de Montréal. « Je ne crois pas que ce soit la bonne chose de viser à ralentir le recrutement en croyant que ça va éventuellement peser sur le gouvernement pour que le gouvernement révise sa position face au renouvellement de la mission en Afghanistan », soutient Rémi Landry.
Des étudiants contre le boycottage
La direction du Fulcrum a décidé de boycotter les publicités de l'armée à l'issue d'un vote très serré sur la question. Le conseil d'administration et le comité éditorial du journal se sont notamment prononcés contre la mesure.
« Je pense que ça démontre un manque de foi dans l'intelligence et la capacité des étudiants de décider pour eux-mêmes s'ils veulent se joindre à l'armée et, dans un environnement de haute éducation, je pense que les étudiants, les gens ici, sont capables de faire cette décision pour eux-mêmes », a soutenu la présidente de la Fédération étudiante de l'Université d'Ottawa, Pam Hrick, qui parlait en son nom personnel.
Malgré le boycottage des journaux, des publicités de l'armée sont toujours présentes sur le campus sur de grands panneaux situés dans les corridors, un contrat accordé par la direction de l'Université.
