Les publicitaires ont signé vendredi avec le gouvernement une charte prônant une publicité "éco-responsable", un véhicule tout-terrain dévalant une plage, une publicité qui suggère de prendre sa voiture pour une courte distance ou qui vante les vertus écologiques d'un produit qui ne l'est pas: ces messages doivent disparaître des médias français, selon cette charte qui découle du Grenelle de l'environnement.
"Nous fixons deux règles fondamentales", explique à l'AFP Jean-Pierre Teyssier, président du Bureau de vérification de la publicité (BVP), organisme d'autorégulation de la profession: "les annonceurs ne peuvent pas dire des choses fausses au consommateur, par exemple que leur produit est éco-compatible s'il ne l'est pas, et les représentations publicitaires ne doivent pas inciter à des comportements incivils ou contraires à la protection de l'environnement".
Désormais, le BVP devra être consulté avant toute campagne utilisant des arguments écologiques.
Parmi les autres signataires, l'Union des annonceurs (UDA), le Syndicat national de la publicité télévisée (SNPTV) et la Fédération nationale de la presse française (FNPF).
Du côté du gouvernement, la menace est à peine voilée: "réussissons cette mutation à défaut de quoi nous serions obligés d'aller vers une Haute autorité" de la publicité, a prévenu le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo en signant le texte.
L'accord fait passer le BVP d'un système d'autorégulation par les seuls professionnels à une corégulation avec les associations de consommateurs et environnementales.
Il se dote d'un jury de déontologie publicitaire, organisme de sanction composé de membres indépendants, et d'un conseil paritaire de la publicité, lieu de dialogue composé pour moitié de représentants d'associations et même présidé par l'un d'eux, un point qui a suscité des réticences chez les publicitaires.
L'Alliance pour la planète (80 associations dont Greenpeace et le WWF) estime que "l'essentiel de la profession semble plus tentée de surfer sur la vague que de participer à cette nécessaire révolution des modes de vie et de comportement".
"Les associations sont un peu partagées sur la main tendue par le BVP, qui nous semble un peu molle", renchérit Julien Allaire, responsable des questions de transports et de mobilité du Réseau Action Climat: "nous attendons de voir".
