Suisse: Il veut interdire les publicités commerciales dans les rues
Le conseiller communal d'extrême gauche Jean-Michel Dolivo estime que la publicité commerciale est une agression et une aberration écologique. Il demande à la Municipalité de la bannir.«Un combat d'arrière-garde? Absolument pas. J'estime au contraire qu'il s'agit d'un combat d'avant-garde.» Jean-Michel Dolivo est sûr de son fait. Mardi soir, il a déposé au Conseil communal de Lausanne une motion demandant ni plus ni moins que l'interdiction totale de toute publicité commerciale. «Il y a plus de 3500 panneaux et caissons lumineux en ville de Lausanne, détaille-t-il. Nous sommes confrontés à une véritable jungle de publicités. L'espace public est soumis à la dictature de la marchandise. Cette invasion n'est plus supportable.»
Le membre d'A gauche toute! estime en outre que la publicité constitue «un gaspillage important des ressources limitées de la planète». «Des millions d'hectares de forêts sont abattus tous les ans dans le monde pour imprimer la masse croissante de prospectus publicitaires.»
Déjà interdites à São Paulo
Certaines villes ont déjà fait le pas. São Paulo (11 millions d'habitants) a banni les pubs de ses rues depuis janvier 2007. Les affiches sont aussi interdites dans certains états américains Vermont, Maine, Hawaï, Alaska , si l'on en croit un article de The Economist.
«Sur le fond, je trouve l'idée louable, estime Yves Ferrari, président des Verts lausannois. Mais je crois que Lausanne ne peut malheureusement pas vivre sous une cloche, déconnectée du reste du monde. Il faudrait aussi étudier les conséquences d'une telle interdiction.» Un avis partagé par le Parti socialiste lausannois. «Interdire les pubs dans la rue n'empêchera pas d'en trouver dans sa boîte aux lettres ou à la TV, estime la présidente Rebecca Ruiz. Nous sommes par contre favorables à une interdiction ciblée de certaines annonces, par exemple celles qui sont sexistes ou qui vantent le petit crédit.»
«Ça me rappelleles pays de l'Est»
L'idée est jugée «fondamentalement ridicule» par Bernard Develey, responsable de la succursale Léman de la société d'affichage SGA. «Ça me rappelle les pays de l'Est, il y a longtemps. São Paulo? C'était effectivement une horreur, il n'y avait aucun règlement. Ici, nous avons un plan directeur. Il existe d'ailleurs déjà des endroits où la publicité commerciale est interdite, comme la Cité.»
Et si les affiches étaient effectivement bannies? «Eh bien on fermerait notre succursale de Lausanne et on mettrait tout le monde au chômage. Sans parler de l'aspect financier: nous payons chaque année à la ville de Lausanne plusieurs millions de francs, et plusieurs centaines de milliers de francs aux TL.»
