Le GSM se transforme en tiroir-caissePumbby, "start-up" belge, va rémunérer les utilisateurs de GSM visualisant de la pub. Les jeunes devraient mordre à l'hameçon. Et les annonceurs ? A voir...
Après la presse écrite, la radio, la télévision et, plus récemment, Internet, le téléphone portable s'apprête-t-il à devenir un support publicitaire de masse ? C'est plus que probable, même si, à ce jour, le phénomène reste très marginal et limité à certains territoires (dont les Etats-Unis). Mardi, en dévoilant son projet "Android", Google a en tout cas fait le pari d'une explosion des annonces publicitaires sur les téléphones portables dits de nouvelle génération.
Dans ce contexte, un tout jeune entrepreneur belge, Jean-Paul de Ville, a levé le voile hier sur une initiative qui vient concrétiser l'arrivée prochaine d'annonceurs sur les GSM. Limité dans un premier temps au territoire belge, le système sera étendu "dans quelques semaines" à l'Espagne, la Grande-Bretagne, le Luxembourg, la Suisse et les Pays-Bas.
Pumbby - "c'est le seul mot que Google ne trouvait pas !" , justifie M. de Ville - est né d'un projet étudiant récompensé en 2002 par un Euroward. Il aura fallu un peu plus de cinq ans pour que l'idée séduise les acteurs du marché : non seulement une régie publicitaire (RMB), mais également les opérateurs belges de téléphonie (Proximus, Mobistar et Base). Le principe ? Accepter de recevoir des messages publicitaires sur son téléphone portable et, en retour, être rémunéré... Pratiquement, les détenteurs d'un GSM - équipé du Wap, du GPRS ou 3G - peuvent s'inscrire, dès aujourd'hui, sur le site http://www.pumbby.com. Ils doivent y décliner leur profil (âge, adresse, etc.) et un numéro de compte bancaire. Ils précisent aussi le nombre de publicités acceptées par jour (10 maximum). Une autorisation parentale est exigée pour les moins de 16 ans.
Connexion payante
A partir du 1er janvier 2008, les personnes inscrites à Pumbby commenceront à recevoir, par SMS, des publicités. En acceptant de visualiser la pub (une succession de trois ou quatre images), l'utilisateur sera crédité d'une somme de 44 cents. Il s'agit d'un montant brut dont il faudra déduire le coût des connexions... "On a sollicité les opérateurs de téléphonie mobile pour que Pumbby prenne en charge ce coût de connexion. Mais, pour l'instant, ce n'est pas encore possible. Nous y travaillons" , précise Jean-Paul de Ville. La rétribution sera donc fonction du coût des connexions, très variable d'un opérateur à l'autre (de 0 à... 42 cents !).
Les gains engrangés par les abonnés de Pumbby pourront être affectés de trois façons : réduction de la facture GSM, transfert sur un compte bancaire ou accès à prix réduits à des biens ou services culturels (achat ou location de DVD, places de cinéma, entrées à des expositions ou des spectacles, etc.).
Si on ne doute pas de l'attrait de Pumbby auprès des plus jeunes (qui y verront un moyen de financer partiellement leur abonnement GSM et autres cartes prépayées), la question se pose de savoir comment les annonceurs publicitaires vont réagir. "Les annonceurs se montrent très intéressés par ce type de plateforme mobile et interactive. C'est un vrai complément aux autres supports plus classiques" , assure déjà Yves Gérard, directeur général de la RMB. La cible potentielle est en tout cas alléchante puisqu'on évalue à 2,1 millions le nombre de GSM détenus par les 15-30 ans, catégorie qui devrait le plus mordre à l'hameçon Pumbby...
