Des ajustements à faire pour la filière de recyclage des imprimés publicitaires
Dès novembre 2008, les collectivités françaises vont bénéficier d’aides financières pour les soutenir dans le recyclage des prospectus et des supports publicitaires distribués quotidiennement avec allégresse dans nos boîtes aux lettres, et qui représentent en moyenne 40kg de papier par an. S’appuyant sur le principe « pollueur - payeur » validé par le Parlement en 2003, les producteurs de ces imprimés devront souscrire à une éco-contribution. EcoFolio, l’organisme chargé de récolter les cotisations, reversera leurs participations aux collectivités afin de les indemniser des coûts générés par le recyclage de ces déchets papiers.
D’un point de vue théorique, le concept semble juste et efficace. Pourtant, sa mise en application est délicate et demande quelques ajustements, comme en témoignent les revendications communes d’Amorce et du Cercle National du Recyclage.
Leur première contestation tient dans la restriction de ces dédommagements à une seule catégorie de papier par collectivité, alors que le tri sélectif des emballages et des journaux nécessite le traitement de plusieurs types de papiers-cartons. Si une collectivité a à traiter plusieurs sortes papetières, ce qui est fréquemment le cas, une seule seulement pourra être prise en charge par l’éco-contribution. Ainsi, les collectivités assument encore à l’heure actuelle 80% des imprimés non inclus dans la norme.
Une seconde incohérence apparaît dans l’écart, plus que significatif, entre le volume de tonnage estimé et la quantité finalement déclarée. L’éco-organisme avait ainsi prévu un tonnage de 400 000 tonnes pour 2006 et de 800 000 pour 2011. Or, en 2006, première année où les tonnages contribuants ont été déclarés, ce sont finalement 950 000 tonnes qui ont été enregistrées. Ce décalage s’explique par l’adhésion massive des producteurs à cette participation financière, qui a surpassé les estimations d’EcoFolio. Un nouveau plan prévisionnel financier sera nécessaire pour corriger ces données.
Avant d’envisager une possible extension à d’autres supports imprimés, ce système de contribution doit être optimisé. Dans cette optique, Amorce et le Cercle National du Recyclage requièrent la mise en place d’une commission d’agrément, déjà en vigueur dans les filières parallèles de traitement des déchets telles que les DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques ménagers). Elle aura pour rôle de contrôler la juste répartition des fonds amassés.
Il est heureux que des mesures soient prises pour mettre fin à un gaspillage papier qui ne doit plus avoir cours, alors que les ressources naturelles sont aujourd’hui durement menacées. Mais ces mesures ne pourront être efficaces que si une surveillance accrue est instaurée. Quoi qu’il en soit, les efforts déployés pour éliminer ces déchets importuns ne doivent pas se faire au détriment de la prévention, qui se développe via des campagnes à l’image de l’opération « stop pub ». Le meilleur moyen de réduire les déchets étant encore d’en diminuer la production.
