C'est une première.S'il existait déjà des formations diplomantes qui intégraient ici ou là un module sur le référencement, c'est la première fois en France qu'une formation dédiée au référencement Web est proposée par une université. « A notre connaissance, ce type de formation n'existe pas non plus en Suisse ni en Belgique », explique Patrick Rein, président d'Activis , une agence Web partenaire de l'université de Haute-Alsace.
Car c'est en Alsace, et plus précisement au sein de l'institut universitaire de technologie de Mulhouse, que sera inaugurée en septembre 2008 la première licence professionnelle de référenceur et rédacteur Web. Son objectif est de former des spécialistes du référencement et de la rédaction de sites Web qui seront ensuite embauchés soit par des spécialistes du référencement soit par des entreprises désirant améliorer la visibilité de leur propre site.
Un vrai métier
« Cette formation est l'aboutissement d'un groupe de travail réunissant l'université de Haute-Alsace, l'IUT de Mulhouse, le département services et réseaux de communication, la faculté des lettres, langues et sciences humaines et des entreprises du groupe Rhénatic, qui regroupe des entreprises&TIC du grand est de la France. Ce sont ces dernières qui ont fait la demande de cette formation. Une enquête en ligne nous a permis ensuite de confirmer ce besoin au niveau national », note Michel Grevillot, enseignant et responsable pédagogique de cette formation.
Au cours de l'enquête, environ 200 retours positifs ont été recueillis. Mais aussi quelques avis négatifs. « Certains nous ont demandé si c'était un vrai métier. Au début nous avons aussi eu des questionnements, mais très rapidement nous nous somme rendu compte que c'était effectivement un vrai métier, très spécifique », explique Michel Grevillot.
« Aujourd'hui, le Web a changé. Si avant on faisait appel au même prestataire pour son nom de domaine, la charte graphique de son site, son hébergement, ses mises à jour et son référencement, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Nous sommes passés d'un Web généraliste à un Web de spécialistes », confirme Patrick Rein, d'Activis.
Cette agence Web emploie à l'heure actuelle une douzaine de référenceurs. « Ce sont tous des autodidactes. Il faut en moyenne un an pour les former », estime Patrick Rein. Et d'ajouter : « Il est très difficile de trouver des référenceurs expérimentés ».
La licence professionelle est proposée en alternance IUT/entreprise, par période de 2 à 4 semaines dans chaque entité. Au total, 1 650 heures de cours seront délivrées, dont 480 heures de formation théorique, 150 heures de projets tutorés et environ 29 semaines en entreprise. Une trentaine d'entreprises de la région alsacienne mais aussi du reste de la France se sont déjà engagées à prendre des stagiaires. Ce sont aussi bien des spécialistes du référencement, comme Activis, Scopeo, Première place, que des entreprises qui gèrent elles-mêmes leur site, comme Lefigaro.fr et E-parapharmacie. « Nous avons également plus de 50 % de nos cours théoriques qui sont assurés par des professionnels », ajoute Michel Grevillot.
Bac+2 littéraire
La formation est ouverte à des candidats de niveau bac+2 littéraire : lettres, histoire, LEA, langues mais aussi DUT SRC, Info-Comm, TC et BTS communication des entreprises, management des unités commerciales, technico-commercial. « Le référencement naturel s'effectue sur le contenu du site Web. Il est donc essentiel de savoir bien le rédiger et de maîtriser le français, mais aussi l'anglais », précise Michel Grevillot.
« Il est plus facile de former à la technique qu'à la linguistique », ajoute Patrick Rein. Les étudiants auront en effet accès à un enseignement technique, mais « ce ne sera pas à eux de concevoir le site Web », poursuit Michel Grevillot.
Pour s'inscrire, il faut déposer un dossier de candidature avant le 6 juin 2008. Seuls 20 à 25 dossiers seront retenus. Les postulants seront alors conviés à une journée à l'IUT de Mulhouse, durant laquelle ils passeront des tests de français, d'anglais, de connaissances générales sur le Web ainsi qu'un entretien.
La liste des entreprises partenaires leur sera ensuite fournie, afin qu'ils trouvent eux-mêmes leur stage. Au final, seuls une quinzaine d'étudiants seront reçus. « Pour l'instant, nous avons reçu une trentaine de dossiers de candidature, dont un tiers sont ceux de professionnels qui veulent valider leurs acquis, tandis que le reste est constitué de profils littéraires de niveau BAC+3 voire BAC+4. Notre objectif est de recruter deux tiers de littéraires et un tiers d'autres profils », explique Michel Grevillot.
Pour 2009, l'IUT a déjà prévu de passer à 26 étudiants. Quant à la première promotion qui sortira avec cette licence pro en poche, a priori, pas de souci à se faire : « Il y aura plus de postes à pourvoir que d'étudiants diplômés », assure Patrick Rein.
