Au moins deux grandes associations américaines de consommateurs font actuellement des pressions pour forcer le gouvernement à mettre sur pied une liste à laquelle les internautes pourraient s’inscrire, afin de ne pas être suivis dans leurs habitudes de navigation.Cette mesure, qui porte le nom de «do not track list», viserait à empêcher les compagnies publicitaires de recueillir toutes sortes d’informations sur les internautes au gré de leurs déplacements sur la toile.
La liste en question pourrait ressembler à celle qui existe pour le télémarketing. Ici au Canada, une liste visant les télémarketeurs devrait être lancée d’ici l’automne par la compagnie Bell, qui a été mandatée en ce sens par le CRTC. Les gens pourront y inscrire leur nom et numéro de téléphone pour ne pas être importunés par des appels non sollicités.
La Consumer Federation of America et la Consumer Union font valoir que les gens ont le droit de surfer Internet sans être «suivis» à la trace par des logiciels qui permettent à des compagnies de cibler des publicités en fonction des habitudes en ligne des internautes.
De son côté, l’industrie de la publicité se dit prête à créer et à respecter ses propres règlements et demande au gouvernement de ne pas intervenir.
Le responable du contentieux à la Consumer Union, Chris Murray, émet de sérieuses réserves: «Je ne crois pas que l’autoréglementation soit suffisante pour bien protéger le public, d’autant plus que les recours sont presque inexistants en cas de non-respect des règlements. Certaines compagnies comme Google font des efforts importants en matière de protection de la vie privée des gens, mais cela pourrait ne pas durer.»
Les compagnies de publicité affirment pour leur part qu’elles seront en mesure de prendre toutes les dispositions nécessaires afin de créer un environnement acceptable pour tous, tout en protégeant adéquatement le public. En somme, ces firmes souhaitent pouvoir démontrer leur bonne foi avant que le gouvernement ne légifère.
