Médiapost : Le ras-le-bol des forçats de la publicité
Près de cinq ans après la fusion entre La Poste et Delta-Diffusion, les salariés de Médiapost, entreprise de distribution des publicités en boîte aux lettres et filiale du groupe La Poste, appellent à un rassemblement devant le siège, mardi 1er avril à 11h00, 9 bd du général de Gaulle à Montrouge, (métro Porte d’Orléans) (92).
Ces salariés se définissent eux-mêmes, comme les forçats de la distribution en boîte aux lettres. 90% des 15000 salariés, dont une partie sont des retraités, travaillent à temps partiel non choisi pour un salaire en moyenne inférieur à 500 euros par mois, tout en effectuant, certaines semaines, au-delà d’un temps plein par le biais de la flexibilité des horaires pratiquée dans le milieu.
Malgré la mise en place de la Convention Collective et la définition de cadences, dites objectives, une grande partie des distributeurs sont rémunérés en dessous du SMIC.
Ils ne sont pas payés pour les heures qu’ils effectuent réellement et sont très amers quand ils entendent le discours « travailler plus pour gagner plus ». Pire même, car le gouvernement, plutôt que de faire respecter le droit du travail, a élaboré un décret, en 2007, cadeau aux patrons, pour dispenser ces entreprises de l’obligation de contrôler le temps de travail des distributeurs ; jusque là, ce contrôle était systématiquement exigé par les inspecteurs du travail et les entreprises de la branche étaient régulièrement condamnées par des décisions de Conseils de prud’hommes, confirmées jusqu’en cassation.
Avec l’augmentation du prix des carburants, les distributeurs sont encore les laissés pour compte. Contraints d’utiliser leur propre véhicule pour acheminer les tonnes de publicité, l’entreprise ne leur a consenti, face aux multiples hausses, qu’une augmentation de l’indemnité kilométrique d’un demi-centime d’euros. Indemnisation scandaleuse, lorsqu’on sait que, dans cette indemnité kilométrique, sont compris l’entretien, les réparations et l’assurance professionnelle du véhicule. Quand le distributeur n’a plus de véhicule (panne, accident, hors d’usage…), c’est le licenciement qui est proposée.
Le 1er avril, les salariés de Médiapost, appuyés par la fédération SUD PTT qui a appelé à la grève, ont demandé à être reçus par la direction, afin de remettre leur cahier de revendications.
