L'autocollant «Non merci pas de publicité» ne suffit pas à enrayer la prolifération des prospectus.
Qui n'a jamais perdu patience en triant les documents de sa boîte aux lettres? Séparer son courrier urgent des montagnes de papiers à caractère commercial peut rapidement devenir une source de crispation.
En pleines vacances de -Pâques, peu de Genevois envisagent le risque d'expérimenter les affres du pullulement publicitaire d'après-villégiature. «Tout est une question de période. L'automne dernier, nous avons atteint des records en termes de publipostage grâce à la bonne conjoncture économique et les élections», commente Nathalie Salamin, attachée de presse de la Poste. «En 2007, les envois à caractère commercial s'élevaient à 1 216 000 exemplaires, en augmentation par rapport aux 1 159 000 de l'année précédente.»
Un répulsif autocollant
Comment faire pour que l'invasion publicitaire n'atteigne pas sa boîte aux lettres? Depuis le début des années 1980, un accord entre les fédérations de consommateurs suisses et les entreprises de distribution a été passé pour éviter l'envoi abusif de publicité non adressée. «Il suffit aujourd'hui d'installer un autocollant «Non merci» contre la publicité directe indésirable», assure Nathalie Salamin.
Un simple autocollant et voilà le problème réglé? Pas si simple. Comme il n'existe aucune loi interdisant de telles campagnes, le bouclier auto-adhésif apparaît comme un placebo. Il n'est d'ailleurs pas rare que des distributeurs ne se privent pas pour déverser leurs prospectus malgré l'indication.
Une protection relative
«L'achat d'un autocollant normalisé à 2 francs suffit en général. Malheureusement, nous continuons à recenser des abus», regrette Véronique Rouaud, porte-parole de la Fédération romande des consommateurs (FRC). «C'est selon le bon vouloir des distributeurs. Des solutions pourraient être apportées à ce problème, prochainement», conclut-elle.
40% de boîtes immunisées
Force est de constater que le nombre de foyers antipublicitaires est en croissance. «Environ 40% des boîtes aux lettres en Suisse sont équipées d'autocollants, contre 10% en Allemagne ou en Autriche», souligne Nathalie Salamin. Des chiffres pouvant expliquer les dérapages puisque les distributeurs sont souvent payés à la quantité de publicité écoulée.
L'entreprise de marketing direct Epsilon, basée à Genève, se défend de toute malhonnêteté: «A Genève, les envois bruts représentent 225 000 boîtes aux lettres. Les nets, avec la mention sans publicité, s'élèvent à 146 000. Ce que nous respectons scrupuleusement.»
