Publicité: les groupies qui font scandale
Jugées trop sexistes pour les trams des bords de la Limmat, les pubs de Tally Weijl s'étalent pourtant sur les transports publics de la cité rhénane«Aujourd'hui, les femmes jouent au foot, elles suivent des matches. Vouloir les réduire à de simples groupies, ce n'est pas acceptable»
Depuis deux semaines, des trams des lignes 10 et 11 des Transports publics bâlois (BLT) sont couverts par une pub de Tally Weijl qui suscite la polémique outre-Sarine. «Ce ne sont pas les filles représentées qui nous ont posé problème, précise d'emblée Dore Heim, du Bureau zurichois de l'égalité des sexes, mais les paroles qu'elles sont censées exprimer.» De fait, les «Tu veux changer de maillot avec moi?», «Deviens mon amant, Michael» ou «Marek, je veux un bébé de toi!» présents dans les bulles ont été jugés intolérables sur les bords de la Limmat.
«Quand le projet nous a été présenté, nous avons pu persuader les Transports publics zurichois (VBZ) de ne pas donner suite.» Principal argument, les trams auraient véhiculé des images jugées trop sexistes. «Aujourd'hui, les femmes jouent au foot, elles suivent des matches grâce à leur intérêt pour ce sport. Vouloir les réduire à de simples groupies, ce n'est pas acceptable.»
Dore Heim estime en plus que l'association sexisme et football est particulièrement malvenue dans le cadre de l'Eurofoot 08. «Nous nous souvenons tous encore de l'affaire du FC Thoune, où des joueurs ont abusé d'une groupie mineure. Accepter ce genre de pub, ce serait donner un mauvais signal.»
La même pub pourtant n'effraie pas les BLT. «Les rames Tally Weijl représentent un apport complémentaire bienvenu», a déjà fait savoir Stefan Schaffner, responsable marketing des BLT. De quoi faire faire enrager Dore Heim: «A Zurich, le Bureau de l'égalité des sexes est l'un des plus actifs de Suisse. Je suis persuadée que le bureau similaire au nôtre à Bâle n'a pas été consulté.»
En Suisse romande, par contre, pas de polémique à l'horizon. «Tally Weijl n'a pas manifesté son intention de décorer nos trams», précise Isabel Pereira, des Transports Publics Genevois (TPG), la seule ville romande à accueillir des matches dans le cadre de l'Eurofoot. «Les TPG ont une charte qui doit être respectée, mais à ce jour aucune pub jugée trop sexiste n'a posé de problèmes.» Une seule fois, se souvient Isabel Pereira, une pub a été interdite. «Elle était rouge fluo, cela représentait un danger pour la circulation!»
